Réunis en Assemblée générale à Moissieu-sur-Dolon en Isère, les Canalisateurs du Sud-Est ont présenté vendredi 21 juin 2019 les dernières innovations qui révolutionnent leur métier. Une centaine de chefs d’entreprise, réunis par Pierre Rampa, Président des Canalisateurs du Sud-Est, ont pu échanger leurs expériences en matière de géolocalisation des réseaux d’eau et d’assainissement, sécurisation des réseaux d’eaux potables ou encore de rénovation des conduites à l’aide de nouveaux matériaux.

Avec Yves Bourdais délégué régional PACA Corse des Canalisateurs du Sud-Est, ils mesurent l’intérêt de proposer aux collectivités locales les innovations qui leur permettront d’accroître la longévité de leurs réseaux, de diminuer les pertes en eau potable ou encore de parfaire leur connaissance de ce patrimoine enfoui sous nos routes et trottoirs. Le président national des Canalisateurs, Alain Grizaud, est venu rappeler les actions mises en place par la profession pour améliorer encore la collaboration avec les collectivités locales, en lien notamment avec les travaux du 2e volet des Assises de l’Eau dont les conclusions seront présentées début juillet.

L’occasion pour Michel Réguillon, délégué régional Rhône-Alpes Canalisateurs du Sud-Est, de présenter l’initiative pédagogique « Nous sauvons l’eau » créée par Canalisateurs du Sud-Est à destination du public. Il s’agit d’un visuel à installer directement sur les barrières de chantiers pour expliquer les raisons pour lesquelles des travaux sont engagés dans ladite zone. Une façon de rendre acceptable les travaux publics et de valoriser l’action d’une profession qui travaille pour la préservation de la ressource naturelle.

Des canalisateurs visionnaires : des réseaux qui produisent de l’électricité renouvelable !

Les entreprises de canalisation peuvent désormais proposer une nouvelle solution aux collectivités : la valorisation de leurs réseaux par la mise en place de turbines productrices d’électricité renouvelable, à l’intérieur même des canalisations d’eau. Cette solution Picogen permet l’alimentation autonome d’équipements électriques en tout point du réseau, y compris les sites isolés ou à faible débit d’eau. L’entreprise iséroise Christaud basée à Echirolles (38), qui installe cette turbine innovante, est capable de s’adapter aux diamètres de canalisations les plus répandus.

La géolocalisation des réseaux transforme radicalement le métier des entreprises de canalisations

Que diriez-vous si l’on vous expliquait qu’il est possible désormais de réaliser un plan extrêmement détaillé d’un réseau souterrain uniquement en le filmant ? Cette tâche, réalisable aussitôt après la rénovation d’une canalisation par le personnel de l’entreprise qui a assuré le chantier, est désormais possible.

Le système développé par l’entreprise varoise Reso 3D de La Valette-du-Var (83) permet de gagner un temps précieux dans la réalisation de travaux, car les entreprises de canalisation peuvent, dans certains cas, effectuer elles-mêmes les relevés de mesures sans recourir à un géomètre. L’innovation est majeure quand on sait combien les collectivités cherchent à réduire au maximum la durée des nuisances pour les riverains, liées aux chantiers d’installation ou de rénovation de canalisation.

Des solutions pour sécuriser l’accès aux réserves d’eau potable et aux bouches d’incendie

Ces dernières années, de nouvelles solutions ont été imaginées pour répondre à la demande des collectivités en matière de sécurisation des accès aux réseaux d’eau. Les entreprises de canalisations peuvent apporter de précieux conseils aux collectivités et les aider à respecter les réglementations. La société Soval, établie à Lyon et Marseille, a mis au point le Capot Vigi, regard en fonte haute-résistance qui rend inviolable l’accès aux installations d’eau potable. L’enjeu pour les collectivités est d’éviter tout acte de malveillance.

Autre actualité : sécuriser l’accès aux bouches d’incendie, qui ont fait l’objet de centaines d’actes de vandalisme en zone urbaine ces derniers mois et entraîné le gaspillage de plusieurs millions de mètres cubes d’eau, normalement réservés à l’usage des pompiers. Avec la solution Sentinel, la société Bayard de Meyzieu (69) propose désormais des systèmes de fermeture sécurisés. Il est par ailleurs possible de placer sur ces mêmes bornes incendie, qui quadrillent les réseaux d’eau en ville, des systèmes de détection acoustique des fuites d’eau entre deux bornes.

Des revêtements innovants pour accroître la longévité des équipements… et diminuer les coûts d’entretien

Les nouvelles technologies permettent de lutter plus efficacement contre l’agressivité des eaux, qui détériorent les canalisations, soit à cause de leur composition minérale ou par la présence de détergents et autres produits chimiques.

C’est ainsi que la société Saint-Gobain PAM basée à Meyzieu (69) a mis au point le Ductan un revêtement interne aux canalisations qui a l’avantage de couvrir l’intégralité des parois des canalisations d’une couche homogène, fine et lisse. Ils ont également conçu un revêtement extérieur, de couleur bleu et composé d’un alliage de zinc, d’aluminium et de cuivre, qui a la propriété d’accélérer la cicatrisation de la canalisation.

L’entreprise belge Steinzeug Keramo propose d’installer de la céramique polymère Dura sur les parois de canalisations à réhabiliter. Inséré par tronçon dans la canalisation existante, ce dispositif permet d’épouser l’ensemble des courbes, coudes et rayons pour une adaptation à toutes les formes de géométries transversales variables.

Enfin, les entreprises de canalisations peuvent gagner du temps lors de leurs chantiers en utilisant les systèmes click & lock de l’entreprise iséroise RYB Groupe ELYDAN de Saint-Etienne-de-Saint-Geoirs (38), qui évitent d’entreprendre de longs travaux de soudure grâce à un ingénieux système de raccordement mécanique par emboîtement, qui assure par ailleurs l’étanchéité.

BPI France, Cluster Indura… le travail en réseau décuple l’esprit d’innovation

Les 121 entreprises adhérentes de Canalisateurs du Sud-Est profitent de tous les dispositifs existants pour améliorer leurs pratiques et apporter les meilleurs conseils aux collectivités. BPI France, consciente que la gestion de l’eau va devenir la préoccupation majeure des collectivités dans les années à venir, a mis en place un « programme accélérateur eau », destiné aux entreprises de la filière eau. Ce parcours d’un an permet aux dirigeants d’entreprises de canalisations de bénéficier de l’expertise d’un consultant pour les aider à améliorer leurs pratiques et décrocher de nouveaux marchés, notamment à l’étranger en formant des partenariats avec d’autres entreprises. Le prochain parcours débutera le 10 décembre prochain.

Autre approche avec le cluster Indura : accompagner les entreprises de canalisation dans la transition énergétique et numérique. Franck Gautheron, directeur d’Indura, a exhorté les entrepreneurs présents à travailler en réseau sur des projets innovants. « Il y a actuellement 1.3 milliard de personnes privées de l’accès à l’eau potable dans le monde et ce chiffre devrait exploser dans les prochaines décennies. Le défi à relever est immense. Il passera par des solutions innovantes ! », a-t-il déclaré, convoquant notamment les bio-technologies en lien avec des projets en cours sur la décalcification des canalisations à l’aide de bactéries.

Référentiel Génie Civil, charte qualité… Les Canalisateurs perfectionnent leurs savoir-faire

Parallèlement, les Canalisateurs ont mis au point une charte qualité des réseaux d’eau et d’assainissement, afin de lutter contre la réalisation de travaux peu qualitatifs, qui ne contribuent pas à valoriser la profession. Clotilde Terrible, secrétaire générale des Canalisateurs, a précisé que dans un seul document sont réunis l’ensemble des textes relatifs à l’assainissement et l’eau potable. Il permet aux différents acteurs d’un chantier de mieux border le champ de leurs interventions. Elle a également indiqué que si un chantier sous charte qualité occasionne une facture d’environ 4% supérieure, on observe une nette diminution des avenants et autres remises en cause des chantiers après leur réalisation, souvent très coûteux pour l’entreprise.

Alain le Blainvaux, conseiller technique prévention des Canalisateurs a montré combien la profession s’investissait au niveau national pour améliorer la cohérence des mises en œuvre entre les différentes entreprises, en participant notamment à la refonte des fascicules 70-1 et 71 dans le cadre du projet Référentiel Génie Civil, portant respectivement sur la « fourniture, pose et réhabilitation de canalisations d’eaux à écoulement « à surface libre » (70.1) et « sous pression » (71).

En clôture de l’Assemblée générale, Le président des Canalisateurs, Alain Grizaud, a annoncé la tenue, d’une journée de l’innovation le 16 octobre prochain, à Paris. L’occasion pour les entreprises de canalisation de faire un point sur la transformation de ses métiers, avec l’intégration dans les chantiers des nouvelles technologies, qui permettent d’augmenter la durée de vie des réseaux et donc, d’en réduire les coûts d’entretien et de rénovation pour les collectivités.


Pour plus d’informations :  http://www.fntp.fr

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