© Société du Grand Paris / Claire-Lise Havet

Cinq expérimentations sont actuellement testées aux abords des nouvelles gares. Zoom sur l’une d’entre elles, proposée par les sociétés Ledin/Metalink Urban et Inseetu, menée à proximité de la gare Clichy – Montfermeil. Plutôt que d’être sédentarisé dans le sol, le mobilier urbain est pluggé.

Boussole en main, Vincent Marion cherche où se situe le sud dans une rue Berthe Morisot de la ville de Montfermeil. Avec ses équipes, ils installent un mange-debout trois places, alimenté à l’énergie solaire. Prochainement, un banc lui succédera exactement au même emplacement. Et si le mobilier urbain devenait amovible ? C’est l’expérimentation en cours à proximité de la gare Clichy – Montfermeil, menée par la société stéphanoise Ledin, en collaboration avec le bruxellois Inseetu.

© Société du Grand Paris / Claire-Lise Havet

Concrètement, des plugs sont insérés dans le sol sur trois sites à proximité du chantier de la future gare. À l’aide d’une clé, le mobilier urbain se fixe dessus. En fonction des goûts et des saisons, il est désormais possible de redessiner la configuration de l’espace public « Sur les grand’places de centre-ville, on laisse souvent de larges espaces vides en prévision de manifestations, évènements ou rassemblements, explique la société Ledin. Alors qu’en montant et démontant le mobilier, les municipalités disposent de beaucoup plus de flexibilité. »

Lors de l’installation du mobilier, son designer Arthur Maneint est présent. Il est venu à vélo « en attendant que la gare soit construite », comme il le précise. Il a conçu son mange-debout de manière à ce qu’il y ait le moins d’emprise au sol possible. « Je n’ai pas voulu surcharger l’espace urbain », explique-t-il. La ville a quant à elle choisi sa couleur gris sablé.

Aussitôt installé, aussitôt attablés

© Société du Grand Paris / Claire-Lise Havet

Quand on s’installe autour du mange-debout, bonne surprise : des prises de recharge sont en libre-service. Les téléphones portables sont alimentés par l’énergie solaire. Honnêtement, connaissez-vous beaucoup d’autres lieux pour recharger dans l’espace public ? Il fallait seulement y penser.

Une application permet de visualiser l’ensemble des installations mobilières. À distance, il est possible de connaître leur fréquence d’utilisation et de réceptionner les commentaires des usagers. Équipé d’un téléphone portable, n’importe qui peut participer : il suffit de voter et d’envoyer ses suggestions. Les habitants deviennent littéralement acteurs de leur espace public et peuvent, à tout moment, en changer la disposition pour qu’elle corresponde au mieux à leurs besoins.

Une fois le mange-debout dressé, les installateurs s’éloignent. Rapidement, deux habitants prennent place avec leur thé. Boubaker et Hasan trouvaient que le quartier manquait de convivialité, les voilà ravis. « On a l’impression que c’est Paris qui arrive ici ! », lâche spontanément Hasan. À proximité des travaux de la nouvelle gare et devant de récents immeubles aux couleurs de Mondrian, ces nouveaux mobiliers symbolisent une nouvelle étape de la rénovation urbaine que chaque habitant est invité à expérimenter. À tester sans modération.

Infos pratiques :

  • Expérimentation se déroulant dans la rue Berthe Morisot, l’avenue Jean Moulin et l’allée Anatole France du 11 décembre 2018 à fin juin 2019
  • Cinq expérimentations se déroulent actuellement à proximité de futures gares. On y teste les solutions innovantes susceptibles d’être généralisées à toutes les gares du Grand Paris Express. Cette initiative est portée par la Société du Grand Paris, Île-de-France Mobilités et l’Association des maires d’Île-de-France.

Pour plus d’informations :  www.societedugrandparis.fr

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