Comme prévu, le dernier des 26 cylindres métalliques formant la nouvelle digue d’enclôture du polder vient d’être posé à seulement 4 mètres du quai EMR. Cette étape marque la fin d’un chantier maritime conduit depuis 18 mois par les équipes de Vinci, côté quai, et par celles de Bouygues, côté digue.

En présence de ses partenaires, le Président Loïg Chesnais-Girard a souhaité se rendre compte, sur place, de l’avancement de ce projet dont la Région est maître d’ouvrage, alors que 6 ha, à terre, sont prêts à accueillir les premiers industriels de la filière énergies marines, début 2019.

C’est une phase importante de ce chantier gigantesque et complexe qui s’achève en cette fin 2018 :

  • La structure métallique du nouveau quai EMR, longue de 400 m, est en place et sa plate-forme de 100 m de large est en cours de renforcement à l’arrière, afin d’être en mesure d’accueillir de futurs colis lourds (une fondation d’éolienne pèse 800 t). Cet ouvrage offrira au terminal industriel un accès maritime fiable et sécurisé, ainsi que des conditions logistiques exceptionnelles.

C’est le groupement VINCI construction maritime et fluvial/ Vinci Terrassement/ Ménard/ SDI/ IDRA/ GTM Ouest qui a réalisé ce quai haute résistance. Pendant encore un an, la plateforme arrière sera recouverte de monticules de terre afin de tasser la couche de sable haute de 6 m déjà déversée, le but étant d’évacuer l’eau par pression.

  • Sur 900 m, la digue est constituée de 26 cylindres verticaux, solidement plantés dans les fonds marins. Ces gabions en palplanches métalliques forment l’ossature de l’ouvrage. La dernière a été symboliquement posée ce jour. C’est le groupement BOUYGUES TP/ Liziard/ Pigeon/ STPA qui a conduit le chantier. Côté mer, la digue est en train d’être recouverte d’enrochements.

Le casier de 14 ha est fermé, en attente de remblaiement

La jonction des deux ouvrages forme aujourd’hui un casier de 14 ha, actuellement rempli d’eau, qui permettra d’étendre la surface du polder actuel. Cet espace gagné en mer sera remblayé avec les sédiments marins dragués dans le port, à partir d’octobre 2019. En raison des contraintes liées à la qualité de l’eau en rade, ces opérations ne sont autorisées qu’en hiver. Elles se dérouleront donc en deux temps : sur 2019-2020 puis 2020-2021. Les dragages à la base du quai EMR et dans les chenaux existants du port permettront l’accès nautique au nouveau quai, tout en améliorant celui des quais conteneurs et céréales. Les lots de ces travaux maritimes seront attribués en mars 2019

À terre, les 40 ha du polder « historique » ont été consolidés et 6 ha de terre-pleins sont aujourd’hui « prêts à l’emploi » : deux ans après le début des travaux de terrassement, la voirie d’accès au quai est praticable, les réseaux principaux ont été posés et un grand parking de 1 100 places est aussi disponible.

Enfin, côté Moulin Blanc et Océanopolis, les travaux d’aménagement paysager se poursuivent : les buttes sont érigées et les plantations en cours. La nouvelle promenade des Brestois, qui permettra de surplomber à la fois le terminal industriel et la rade, sera livrée fin 2019.

Energies Marines

L’avancement des projets sur le port de Brest

Dans un contexte incertain concernant la place de l’éolien offshore dans la future PPE (Programmation Pluriannuelle de l’Énergie) voulue par le Gouvernement, la Région Bretagne maintient ses objectifs en préparant, aux côtés des industriels, l’arrivée et l’implantation des premières entreprises sur Brest en 2019.

Deux projets éoliens offshore se sont engagés à créer des activités sur le terminal industriel, dans une même période comprise entre 2020 et 2023 :

  • Ailes marines à St-Brieuc (62 éoliennes posées). Ces 62 éoliennes seront posées sur des fondations de type jacket (treillis métallique). Le consortium porté par l’espagnol Iberdrola décidera début 2019 laquelle des 3 entreprises actuellement candidates construira et assemblera les jackets. Dans tous les cas, cette phase de travaux se fera sur Brest et l’entreprise retenue préparera son installation dès 2019 pour un démarrage de ses activités courant 2020.

Sur ce chantier de construction métallique en plein air, les retombées locales attendues sont de l’ordre de 250 emplois sur 3 ans. Les jackets seront par la suite embarquées par des navires installateurs qui iront les poser sur le fond au large de Saint-Brieuc. L’objectif est de faire perdurer cette activité audelà de 2023 avec des commandes pour d’autres champs éoliens déjà lancés. Les futurs appels d’offres, annoncés fin novembre dans le projet de PPE, sont par ailleurs potentiellement générateurs d’activités à long terme.

  • Éolfi à Groix-Belle-île (4 éoliennes flottantes). A minima, les flotteurs et les turbines -fabriquées par General Electric- seront assemblés à Brest avant leur remorquage au large. Le nombre d’emplois générés par cette activité n’est pas encore connu.
  • L’hydrolien avec Sabella. Sabella se projette sur le port de Brest à horizon 2025, date à laquelle l’entreprise espère être lauréate d’un champ d’hydroliennes au large des côtes bretonnes. Déjà présente sur le port de Brest, elle prévoit de s’y installer durablement pour y construire le cœur de ses machines.

La Région accompagne les candidats à l’implantation sur deux plans : elle les aide à intégrer le mieux possible l’utilisation du port de Brest dans leur projet et les met aussi en relation avec des entreprises locales capables de se positionner comme sous-traitants des industriels.

Ce qu’il faut retenir du chantier du port de Brest

  • Un chantier estimé à 220 M€ et financé principalement par la Région Bretagne, propriétaire du port depuis 2007 et maître d’ouvrage, mais aussi par l’Union européenne, Brest métropole, le Conseil départemental du Finistère et la CCI métropolitaine Bretagne Ouest. L’ambition partagée est d’aménager et de développer le site afin d’accroître sa compétitivité, dans un contexte concurrentiel fort.
  • Un chantier doté d’un double objectif :
    • Développer le trafic portuaire et les activités industrielles actuelles, en facilitant l’accès des navires de très grande taille aux différents quais ;
    • Favoriser l’implantation de filières porteuses pour l’avenir du territoire, en particulier autour des énergies marines.
  • Un chantier qui respecte ses délais, deux ans après le début des travaux en janvier 2017.
  • Un chantier exemplaire en termes d’environnement : côté rade, la qualité de l’eau est contrôlée en temps réel à l’aide de bouées munies de capteurs et les seuils imposés n’ont jamais été dépassés. Pêcheurs et conchyliculteurs ont accès à toutes les données et études.
  • Un chantier colossal : 500 000 m3 de matériaux terrassés, 10 kms de réseaux posés, un quai de 400 m et de 22 m de haut (dont 16 m sous l’eau), une digue de près d’1 km.
  • Un chantier qui crée de l’emploi : 80 entreprises mobilisées soit, en période haute, 150 personnes travaillant sur le chantier, sans compter les bureaux d’études.
  • Un chantier transparent : un espace découverte qui accueille scolaires et visiteurs ; un journal de chantier distribué dans les boîtes aux lettres de Brest métropole ; une opération « portes ouvertes », en juin 2018, qui a accueilli plus de 3 000 personnes.

Pour plus d’informations : www.bretagne.bzh

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