Réduire la consommation énergétique des organisations, à service égal, est un enjeu central du programme mondial de lutte contre le changement climatique. La nouvelle édition de l’ISO 50001, la norme internationale expliquant comment s’organiser pour maximiser sa performance énergétique, devrait y contribuer.

La consommation énergétique ne cesse d’augmenter, alors même qu’elle contribue à près de 60 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre ( Agence internationale de l’énergie (AIE), World Energy Outlook 2017, https://www.iea.org/weo2017). En parallèle, plus d’un milliard de personnes n’ont toujours pas accès à l’électricité et nombreuses sont celles qui n’ont d’autre choix que d’exploiter des sources d’énergie nocives et polluantes (https://sustainabledevelopment.un.org/sdg7).

Mais comment assurer cet accès à l’énergie pour tous tout en limitant les émissions néfastes et le dérèglement climatique que celles-ci génèrent ? Une grande partie de la réponse tient en un terme : l’efficacité énergétique. Et la norme ISO 50001 rénovée, en plaçant la performance énergétique au niveau de la stratégie des organisations, y contribuera certainement.

Grands groupes, PME, collectivités locales, hôpitaux, universités… l’ISO 50001, dont la première édition a été publiée en 2011, a contribué à améliorer la performance énergétique d’organisations dans le monde entier. Elle donne un mode d’emploi pour bien suivre, maximiser, pérenniser des économies d’énergie et agir sur les coûts connexes. Elle contribue aussi à réduire l’impact environnemental des activités, pour atteindre les objectifs de réduction des émissions de CO2 et de polluants.

Deux évolutions

Comme toutes les normes volontaires, l’ISO 50001 a été soumise à un examen de son utilité, cinq ans après sa publication. La version 2018 de l’ISO 50001 comprend deux principales évolutions, grâce au concours direct de celles et ceux qui l’utilisent. La première vise à prendre en compte l’état de l’art en matière de collecte des données de consommation et de mesure de l’amélioration de la performance énergétique. Elle fournit des outils précieux pour surveiller, mesurer et évaluer cette amélioration. La seconde concerne la structure du document, désormais similaire à celle des autres normes de systèmes de management, pour faciliter les démarches croisées.

Pour un responsable énergie en entreprise, l’ISO 50001 version 2018 facilite le travail. Elle explique comment s’organiser pour que les économies d’énergie envisagées soient bien réalisées et que les actions d’amélioration porteront leurs fruits dans le temps. Suivre la norme évite ainsi les temps de retour sur investissement fantaisistes et, en définitive, rassure les bailleurs de fonds finançant les travaux.

Quand bien même elle reste d’application volontaire, la nouvelle édition de l’ISO 50001 tombe à point nommé pour les grandes entreprises européennes censées préparer leur 2e audit énergétique réglementaire, à partir de 2019 pour la France. Celles qui pousseront la démarche jusqu’à se faire certifier seront exemptées de cet exercice, transformant ainsi une obligation réglementaire en un avantage concurrentiel.

Depuis sa publication il y a sept ans, l’ISO 50001 joue un rôle de plus en plus important. Pour un site industriel ou un siège social par exemple, elle améliore les marges de l’entreprise, aide à identifier des gisements d’économies camouflés et permet de hiérarchiser les actions stratégiques (Source : étude internationale d’AFNOR Energies sur les pratiques de management de l’énergie d’organismes certifiés ISO 50001 (mars 2017)). Selon l’étude ISO Survey, fin 2016, un total de 20 216 certificats de conformité à cette norme ont été délivrés (dont 7000 en France), soit une hausse de 69 % du nombre de certifications au cours de cette même année.


Pour plus d’informations :  www.normalisation.afnor.org

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