Actuellement le judo est l’art martial le plus pratiqué en France devant le karaté et l’aïkido. Toutes catégories confondues, il est le quatrième sport pratiqué au regard du nombre de licenciés. 

En effet, le code moral du judo s’inspire largement des principes qui ont dicté le comportement des samouraïs, ces chevaliers japonais connus pour leur sens de l’honneur. Rédigé par deux français, Bernard Midan et Jean-Lucien Lazarin, le code moral s’appuie sur 8 valeurs que sont la politesse, le courage, la sincérité, l’honneur, la modestie, l’amitié, le contrôle de soi et le respect.

Au-delà d’une simple accumulation de vertus, principes et qualités, ce code cimente le lien qui existe entre judokas, arbitres, enseignants et passionnés.  Il s’appuie à la fois sur les enseignements de Jigoro Kano, sur le texte l’âme du Japon* rédigé par Inazo Nitobé et sur les valeurs partagées à l’époque par les membres du Collège national des ceintures noires, plus haute instance des praticiens du judo en France. Un socle moral fort qui n’est certes pas sans rappeler les règles élémentaires de bonne conduite ! Car, en s’attardant sur les principes associés à chacune de ces valeurs, on découvre plus précisément ce qui se cache derrière chaque valeur du code moral :

  • la politesse, c’est le respect d’autrui ;
  • le courage, c’est faire ce qui est juste quel que soit la situation ;
  • la sincérité, c’est s’exprimer sans déguiser sa pensée ;
  • l’honneur, c’est être fidèle à la parole donnée ;
  • la modestie, c’est parler de soi-même sans orgueil ;
  • l’amitié, considérée par les auteurs comme « le plus pur des sentiments humains », c’est la considération bienveillante de l’autre, qui la partage ;
  • le contrôle de soi, c’est savoir se taire lorsque monte sa colère ;
  • et, enfin, le respect est la condition nécessaire à toute relation de confiance.

Associé au Shin-Gi-Tai, traduit mots à mots par « l’esprit, la technique, le physique », le code moral permet au judoka d’évoluer vers un idéal d’emploi optimal de ses énergies physiques et mentales, toujours en utilisant à son profit la force et les intentions de son adversaire ou partenaire. Nous allons explorer plus avant cet « univers moral » afin d’en saisir les nuances et les implications de son application dans la pratique du judo, dans les prochains chapitres.

Jonathan Stocker – BTP Gallery


*Texte de Nitobé « L’âme du Japon » (1899). Inazō Nitobé (Nitobé Inazō, 1862–1933) était un éducateur, docteur en agronomie et en droit. Il a réalisé de nombreux écrits, dont le plus célèbre est L’ Ame du Japon. Inazō Nitobe a décidé d’écrire ce livre afin de coucher par écrit les préceptes des samouraïs qui passaient alors de mode lors de l’ère Meiji (1868-1912), qui a marqué le début de la modernisation du Japon. L’ouvrage a été utilisé pour promouvoir le Japon auprès des grandes puissances mondiales de l’époque et ainsi le faire accepter comme un pays civilisé,  imprégné de valeurs morales. « L’Ame du Japon » a su séduire le président américain Theodore Roosevelt qui, pour l’anecdote, en aurait acheté un grand nombre pour le diffuser auprès des membres du Congrès américain. 


Pour plus d’informations : www.ffjudo.fr – images

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